(re)parlez-moi d’amour

Mardi 26 février 2008

9782070342563.jpg“J’étais derrière toi” un livre de Nicolas Fargues 
“C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je n’ai pas connu de guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre.”

L’histoire :
J’étais derrière toi : par ce petit mot griffonné sur un carton, Alice, une jolie Italienne, entre dans la vie du narrateur alors qu’il dîne au restaurant, nageant en plein marasme conjugal. En vacances en Italie, il essaie en effet d’intégrer que sa femme l’a trompé un mois auparavant avec un Noir “grand et musclé” qui l’a sensuellement conquise. Il n’arrive pas à s’en remettre. Alors, quand le serveur lui apporte ce petit message en italien signé Alice avec un numéro de téléphone, force est de constater qu’il trouve cela “osé, sexy, féminin, italien.” Et qu’il se laisse séduire…
Débute ainsi le grand balancement intérieur amenant le personnage tour à tour de la dépression à l’égocentrisme, de l’auto flagellation au narcissisme. Accepter sa propre banalité, s’accorder le droit de ne pas être à la hauteur, s’interroger sur ce qui constitue l’amour. Tout donner pendant dix ans à une femme qu’on admire mais qui vous terrorise. Passer quelques jours enchanteurs avec une âme sœur. Tout s’oppose et se débat à grands coups de jalousie, d’humiliation, de désir, dans un enfer amoureux où la stratégie de la terre brulée n’épargne personne…
J’étais derrière toi, éditions P.O.L. Mars 2006. ISBN : 2-84682-131-3. http://www.pol-editeur.fr



Lundi 28 janvier 2008

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« Ceux qui s’éloignent imperceptiblement alors qu’ils comptent pour de bon, ceux qui meurent, ceux qui ne nous aimeront jamais, ceux qui ne nous aiment plus, ces rencontres superficielles sur lesquelles on s’interroge encore, combien sont-ils manquants ? Mais surtout pourquoi les ai-je perdus ?
Bien sûr, la liste est incomplète. J’en ai oublié, il en manque que j’ai écarté, il se peut que la fiche la plus importante se soit perdue. Quoi qu’il en soit, il me semble que les intéressés pourront se reconnaître et que ceux qui n’ont aucun rapport avec mon existence trouveront là prétexte à décrocher leur téléphone ou écrire une longue lettre à quelqu’un des leurs. »

Fiche par fiche, Marc Molk inventorie et réinvente l’histoire de ses histoires perdues. Chacune d’elle est passée au crible d’une évaluation implacable dont les mesures sont : coefficient de perte, part de responsabilité, chances de renouer… Tirant le fil de ses pertes humaines, il rembobine l’histoire de chacun de ses liens, forts ou fugitifs. Amour ou amitié, camarade, voisin ou inconnue, dans cette mêlée humaine se battent tour à tour la rancoeur, l’oubli, le doute, le manque. Un exercice qui ne peut que faire écho en chacun de nous…
S’illustrant comme peintre-performer, avant d’en venir à l’écriture, Marc Molk décline ses tableaux doux-amer, dans une tentative d’enquête intime, en quête de ses erreurs, du noeud ou point commun de toutes ses pertes humaines.
“Où es-tu toi dont les yeux s’accrochèrent aux miens un moment rue de Lappe il y a toutes ces années ? Et toi qui portais des créoles tout près du train fantôme ? Et vous toutes dont le visage s’est en allé ?”

Marc Molk “Pertes Humaines”, collection “1er Mille”, éditions Arléa

Vendredi 18 janvier 2008

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Dès la 30e page de son tout dernier roman “Cendrillon”, l’écrivain Eric Reinhardt évoque ce très actuel mini-fait de société : la fascination qu’exerce sur beaucoup d’entre nous la lecture des fameuses petites annonces de Libé (auxquelles nous devons bien-sûr largement l’inspiration de retrouve-moi.fr). Morceau choisi, juste pour le plaisir…

“J’ignore pourquoi je commence toujours la lecture de Libération par la page des messages personnels. Ou plutôt, si j’en juge par le premier degré avec lequel je les parcours, je sais très bien pourquoi : j’éprouve toujours une réelle déception de ne pas faire l’objet d’un message désespéré d’une inconnue. Pourtant Dieu sait que je passe du temps dans les métros, les autobus, les RER, aux terrasses des cafés ! Suis-je si insignifiant, imperceptible ? Ce matin-là pas davantage que les autres, aucune ligne me concernant et m’idéalisant (Brun, grands yeux bleus, vêtu de noir, lisant La princesse de Clèves, vous étiez assis en face de moi lundi 4 ligne 7 vers 16 h 30, nous nous sommes regardés et souri, vous êtes descendu à la station Palais-Royal, je n’arrive pas à oublier votre regard, je regrette de n’avoir pas osé, je suis envoûtée, contactez-moi) n’était publié dans la rubrique des messages personnels (…)”.

Cela se confirme de jour en jour, Eric Reinhardt est un écrivain attachant et malin : nous ne pouvons que nous incliner devant cet élégant et très médiatique “appel à déclaration” ! Surtout quand on écoute ce qu’il a à nous dire pour résumer lui-même le propos de son livre… Ouf, il y a encore de la place dans notre monde pour “la poésie, l’enchantement, l’amour, la grâce” !

 

 

 

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Vendredi 4 janvier 2008

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La 4e de couverture :
“Halvard Sanz est un gentil garçon. Signe particulier : doué pour les catastrophes en série. Il y a des gens qui n’ont pas de chance, mais qui, genoux à terre, toujours se relèvent. Halvard est de ceux-là. Quête intiatique, roman picaresque, amour allégorique, loufoques aventures servies par une verve intarissable… Mais le chameau sauvage, dans tout ça ? Quand vous en connaîtrez le principe, comme Halvard, vous verrez la vie différemment.”

L’histoire :
“ Jamais encore je n’avais été confronté à de réels obstacles, ni dettes faramineuses, ni chagrins d’amour, ni maladies graves, ni problèmes d’honneur avec la pègre, ni pannes de radiateurs, rien, peut-être un ongle cassé - alors naturellement, j’étais naïf ”… Pour notre narrateur du Chameau sauvage, Halvard Sanz, il suffira de croiser “la plus belle fille de la planète” en la personne de Pollux Lesiak pour qu’il en tombe immédiatement et définitivement amoureux et que rien ne se passe comme on aurait pu l’envisager. Après sa brusque disparition, Halvard n’a plus qu’un objectif : la retrouver à tout prix. Une quête obsessionnelle qui lui fait voir des Pollux Lesiak partout… Cette quête trépidante et parfaite course contre la montre frappée au coin de l’absurde et tout simplement rocambolesque, ne s’arrêtera qu’au bout des rêves d’Halvard Sanz. “On croise toujours deux fois les gens qui nous intéressent. La vie nous donne une deuxième chance, par gentillesse ou charité, ou parce que ça l’arrange.”
Avec ce premier roman, paru aux Éditions Julliard et réédité en 1998 chez “J’ai lu”, Philippe Jaenada a reçu le prix de Flore en 1997.

Un merci tout spécial à Philippe Jaenada qui a bien voulu nous autoriser à citer le Chameau Sauvage sur retrouve-moi.fr !

Le chameau sauvage, réédition “J’ai lu”
http://www.jaenada.com